J’habite dans un petit hameau comprenant plusieurs foyers, répartis de part et d’autres de la route. Rive droite, rive gauche en quelque sorte.
Or, j’ai découvert depuis depuis que je suis conseillère municipale que l’espace enherbé, à l’extrémité du hameau, était une place commune, un lieu "en indivision". Qui appartient à plusieurs personnes (je vous dit pas les bagarres pour retrouver les propriétaires avec la succession de ventes des décennies voire des siècles passés) et donc utilisé par personne et tout le monde.
Haie paysage
Donc une étendue d’herbe où les gamins du coins jouent au ballon, comprenant un bosquet et bordée par une haie de prunelliers. Une haie qui fait ralentir les voitures qui vont très vite dans nos campagne, qui permet de retenir le ballon susmentionné, qui camoufle les amoureux (certains des joueurs de ballons sont devenus grands), etc. Et bêtement, à force de passer devant, cette haie faisait partie du paysage !
Quel ne fut pas l’émoi donc, en retrouvant, cet automne, la haie disparue. Avec un gros tas de branches tout moche dans un coin. Les voisins, qui se croisaient poliment pour la plupart, se sont précipités les uns chez les autres. La révolte grondait ! D’un seul coup nous nous trouvions privés d’un élément de notre quotidien rendu indispensable depuis son absence !
La tempête, EDF et la haie
En tant qu’élue, le téléphone n’a pas arrété de sonner, les gens de frappaient à la porte. Mais pourquoi, pourquoi, POURQUOI on avait détruit notre haie ? De quel droit ? la triste réalité est apparue très vite. Depuis la tempête de l’été 2008 (rappelez-vous les journées sans électricité ni téléphone où l’on se demandait combien de temps le gigot de tata Yvonne allait tenir le coup dans le congélo éteint), EDF explore le terrain pour exiger des propriétaires qu’ils élaguent les arbres trop proches des lignes électriques. Et ils ont pensé que nos prunelliers, non taillés pouvait menacer les fils qui culminent 3 mètres au-dessus des arbustes. Assez irrationnel. Mais les ordres ne se discutent pas. La mairie prévenue a pris sur elle de retirer la haie. D’où les vives réactions des Mocquepoisiens.
Haie libre et champêtre

Dans notre commune où nous n’atteignons pas 90 habitants, une fronde pareille cela a de l’impact (surtout pour les 2 pauvres conseillers municipaux qui vivent sur place !). La mairie a donc racheté une haie. Alors, des lauriers palmes, des thuyas... NON ! ah bè non, on n’allait pas nous remplacer nos prunelliers bourrés de papillons, de bourdons, d’oiseaux et de bestioles en tout genre pour une haie béton, stérile, sensible aux maladies, à la sécheresse et dont il faudrait chaque année de taper la taille. sans compter que ces arbres là montent bien plus haut que les prunelliers... et que la ligne électrique est toujours là (enterrer cette dernière n’est pas envisageable pour l’instant. Dommage) !
Nous nous sommes donc adressé à un pépiniériste spécialisé dans les plants forestiers (pas loin, à côté de Joigny) qui propose des haies en kit. Notre choix ? La haie "pleine nature", spécial refuge de la biodiversité (et grignotage des gourmands à deux pattes des environs) ; ce kit pour 15 mètres linéaires, comprend 20 jeunes plants de 20 à 60 cm de hauteur de
Charme (4)
Alisier torminal (2)
Sorbier des oiseaux (2)
Néflier sauvage (2)
Viorne lantane (2)
Pommier sauvage (2)
Eglantier (2)
Cotoneaster franchetti (2)
amélanchier (2)
Les plants seront livrés non pas à racines nues mais en godet : la haie pourra être plantée pendant tout le printemps. Mais cela c’est encore une autre histoire !
références :
Pépinières Naudet : http://www.pepinieres-naudet.com/
1 super livre pour choisir des essences animant la haie :
" plantes des haies champêtre "/ C Coigneau ; éditions du Rouergue
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