Le salon de musique : une tradition parmi les plus anciennes de la culture arabe d’Alep. Les riches Aleppins férus de la musique et surtout du chant arabe organisaient pour leurs relations des concerts privés dans leur vaste demeure. Dans l’Iwan, pour la saison d’éré, cette salle voutée ouverte , donnant sur la cour le jardin d’été, une surélévation sous cette voute ou les sont installés, comme une scéne basse.
On fait passer des patisseries orientales du thé et café, en prenant bien garde de conserver le silence et le recueillement, jamais de tintement de tasse ou de couverts. Une atmosphére recueillie comme il convient à un répertoire profane et sacré. Puisque poémes d’amour et stances religieuses se côtoient. Au centre de la cour il y a toujours les mumures du jet d’eau.
Alep : capitale de la musique, mais aussi de la gastronomie. Quand on parle de mézzé on mentionne Beyrouth , Le Caire et on aurait certes garde d’oublier Alep. Les mézzés d’Alep comportent une quantité de petits plats, froids, tiédes ou chauds, de légumes, de fruits, de viandes, finement découpées, acidulés ou rissolées avec précision. Les assaisonnements sont un art consommé, étranges et délicieux. Cette multitude de petits plats ronds composent pour l’oeuil un tableau réjouissant qui donne faim. De plus le nombre de restaurants de qualité, et d’esthetique est considerable dans tout Alep . Des dizaines d’établissemnets offrent cette qualité à des prix bien inferieurs à ceux des MacDonald de nos villes. Le même murmure du petit jet d’eau accompagne les repas des visiteurs.

Julien Weiss musicien français, guitare classique, s’est passionné très tôt pour les chanteurs arabes, en même temps qu’il adoptait l’instrument amphit représentatif le Quanum. C’est après avoir écouté le Caire, Tunis, Istanbul ,Beyrouth et Bagdad qu’il arrive à Alep. Ses rencontres avec les interprétes des musiques savantes, et surtout de l’art vocal dans les salons de musique d’Alep le convainquent de s’installer dans cette ville à la culture merveilleuse.
Le procédé de l’improvisation est une forme inherente de la pensée musicale des peuples de l’Orient. C’est là que l’on peut évaluer la qualité des musiciens. Il est mentionné dès le XVII° siècles dans les écrits de la tradition ottomane.

Muhammad Qadri Dalal : Virtuose du oud, professeur de chant arabe, professeur de littérature arabe, directeur de L’Institut de musique Sabbah Fakkri, un conservatoire de la musique et de la culture Syrienne.



